album cover
17-Oct
2,785
Hip-Hop/Rap
17-Oct was released on October 17, 2006 by Din records as a part of the album Table d'écoute
album cover
Release DateOctober 17, 2006
LabelDin records
Melodicness
Acousticness
Valence
Danceability
Energy
BPM93

Music Video

Music Video

Credits

PERFORMING ARTISTS
Médine
Médine
Performer
COMPOSITION & LYRICS
Médine
Médine
Songwriter
Proof
Proof
Composer

Lyrics

Alger, capitale, au commencement des sixties
Les pieds-noirs quittent le navire, les colons dératisent
1961, période estivale
C'est la guerre d'Algérie et son festival
Et son lot de discrimination, de tortures
D'exactions tout un ramassis d'ordures
Quelques degrés au Nord de l'équateur
Je quitte l'Algérie française, un pincement dans le cœur
Voici mon parcours, Ahmed, fils de Mohamed
Gangrené du corps par la misère du Maghreb
Par les meurtres, les soirs de couvre-feu
Par la peur du soldat français qui ouvre le feu
Ouvre les voiles, petit paquebot libérateur
Emmène-moi au pays des employeurs
Loin de l'inactivité beurre algéroise
Loin de ceux qui transforment nos mosquées en paroisses
Basilique de Notre-Dame d'Afrique
S'éloigne de mon regard lorsque les mouchoirs s'agitent
Verse une larme dans la méditerranée
Une goutte d'eau dans la mer contient la peine de ma terre damnée
Accoste à Marseille, port autonome
Citée Phocéenne un étranger parmi les autochtones
Direction Saint-Charles, gare ferroviaire
Embarquement quai sept, voiture six, wagon fourrière
Croise le regard des îlotiers
Me foudroyant le cœur comme un tir de mortier
Reçoit la flèche de la haine par les appelés du contingent
« Tes papiers », « Je suis français Monsieur l'agent »
Chemin de fer, terminus Paris Gare de Lyon
La métropole et son peuple par million
Quelques dizaines de francs serrés dans un poing
Serviront de premier contact au café du coin
Moi qui cherchais de la chaleur, j'ai eu le sang glacé
Quand mes yeux rencontrèrent les leurs couleur iceberg bleuté
Bluffé par leur manque d'hospitalité
Ainsi sont-ils, moralisateurs sans moralité
Démoralisé, je reprends le chemin
Lequel me conduira dans les quartiers maghrébins
Nanterre, monticule de bidonvilles
Habitation précaire pour mon entrée en vie civile
Je ne laisserai pas les tueurs du F-L-N faire la loi dans Paris
À partir de maintenant pour un coup reçu, vous en rendrez dix
« Ici, rien de bon pour les ratons »
M'a dit le commissaire sanguinaire de mon canton
Après m'avoir uriné sur les mains
Le gardien de la paix casse du crew au quotidien
Dix-septième jour du mois d'octobre
Le F-L-N a décidé de mettre fin à l'opprobre
En effet, le journal de la veille titrait
« Couvre-feu recommandé pour les immigrés », non
La réaction ne s'est pas faite attendre
Algériens de France, dans les rues nous allons descendre
Protester contre leurs lois discriminatoires
Investissons leurs ponts et leurs centres giratoires
Embarqué dans un cortège pacifique
Nous réclamons justice pour nos droits civiques
Mais la police ne l'entend pas de cette oreille
En cette période, nous sommes un tas de rats rebelles
Marchons en direction du pont Saint-Michel
Nous verrons bien quelle sera l'issue de cette querelle
Une fois sur la berge, j'aperçois le comité d'accueil
Qui souhaite faire de ce pont notre cercueil
Les camps s'observent et se dévisagent
Un silence de mort s'installe entre les deux rivages
(Yeah, allez)
Puis une voix se lève, scande : « À bas le couvre-feu »
Et ouvre le feu
La première ligne s'écroule et commence la chasse à l'homme
Je prends mes jambes à mon cou, comme un pur-sang je galope
Mais le pont est cerné, nous sommes bernés
Dans une prison sur pilotis nous sommes enfermés
Pas une, pas deux mais une dizaine de matraques
Viennent me défoncer le crâne et mes os craquent sous mon anorak
Ma bouche s'éclate bien sur le trottoir
Leurs bouches s'esclaffent bien grandes de nous voir
« Nous allons voir si les rats savent nager
Au fond de la Seine, vous ne pourrez plus vous venger »
Inconscient, gisant dans mon propre sang
Les brigadiers en chef par tous les membres me saisissant
Amorce ma descente là où passent les péniches
S'assurent de ma mort frappant ma tête sur la corniche
Je tombe comme un déchet au vide-ordure
Dans la chute, violemment ma nuque a touché la bordure
Liquide, poignardant tout mes orifices
Le fleuve glacial, un bûcher chaud pour mon sacrifice
Monsieur Papon a jugé bon de nous noyer
Aucun pompier pour étouffer le foyer
On n'éteint pas des braises avec un verre de gasoil
Sans penser aux tirailleurs et combattants zouaves
Mon cadavre emporté par le courant
Seras repêché dans les environs de Rouen
D'étranges nénuphars flottent sur la Seine
Séquence long métrage, les yeux plongés dans la scène
Dégât des eaux pour les gens des humans-zoo
Déshumanisés, les basanés ne font pas de vieux os
D'étranges nénuphars flottent sur la Seine
Séquence long métrage, les yeux plongés dans la scène
Un sceau de pisse dans lequel on noie des rats
Octobre noir, ratonnade sur les boulevards
« Ici, rien de bon pour les ratons »
M'a dit le commissaire Maurice Papon
Quatre mois plus tard, on ratonne à Charonne
Les crouilles et les cocos qui aident les bougnoules
Cent trente-deux ans d'occupation française
Ont servi à remplacer nos cœurs par des braises
Algérie en vert et blanc, étoile et croissant
Devoir de mémoire grandissant
Djezaïr
Written by: Médine, Proof
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